Retour au mois de mars 2025, Hetaone & Peinture fraiche festival réalisaient la fresque de 500 m² de la bibliothèque de la Guillotière / Maison de la Guillotière : “La Mâchecroute et la Guillotière – À la recherche de la Centaurée de Lyon”.
En partenariat avec Associationtroi3, la Bibliothèque municipale de Lyon, La Mairie du 7e arrondissement de Lyon et la ville de Lyon.
Avec :
- 🔸 Un dragon asiatique qui traverse deux murs,
- 🔸 Des poissons du Rhône pour garder le lien au fleuve,
- 🔸 La centaurée de Lyon, fleur rare et locale en voie de disparition,
- 🔸 Des livres qui s’envolent,
- 🔸 Et des calligraphies urbaines inspirées du graffiti.
💥 Bonus : un cercle anamorphique géant, visible depuis la terrasse d’en face 👀
Un clin d’œil à la légende lyonnaise de la Mâchecroute, revisitée à la sauce contemporaine.
Une fresque pensée AVEC les habitant·es, pour parler de culture, diversité et biodiversité en plein cœur du 7e.
Inauguration par les élus locaux fixée au 19 juin 2025.



La fresque d’Heta, description et explications
Contes et légendes : La Machecroute et la Guillotière – À la recherche de la Centaurée de Lyon
En mars 2025, sur les murs d’angle du bâtiment qui réunit la bibliothèque, la maison de quartier et la maison des associations de la Guillotière, une fresque monumentale de 500 m² a vu le jour. Elle s’inscrit dans un dialogue entre passé et présent, entre mythe et réalité, entre mémoire locale et influences globales.
Le défi de cette composition n’était pas seulement artistique, mais aussi technique : les deux murs, rythmés par une multitude de portes, fenêtres et grilles, fragmentaient la surface disponible. Il a fallu jouer avec ces interruptions, les intégrer, les contourner, sans jamais briser la fluidité de l’ensemble. Chaque élément peint a été pensé pour épouser l’architecture du bâtiment, créant une continuité malgré les ruptures.
Au cœur de la fresque, un cercle jaune lumineux s’impose à l’angle des deux façades. Il ne prend toute sa dimension qu’à un endroit précis : depuis la terrasse du bar-hôtel voisin, il se révèle sous forme d’anamorphose, comme une illusion parfaitement ajustée. En son sein, une calligraphie urbaine tourbillonne, spirale contemporaine qui ouvre la voie à un récit visuel riche et symbolique.
Le fil conducteur de cette fresque : la Mâchecroute, dragon légendaire lyonnais, censé dormir sous le pont de la Guillotière. Mais ici, le monstre médiéval laisse place à une figure réinventée. Un dragon aux traits asiatiques traverse toute la fresque, de sa tête à sa queue. Une esthétique choisie pour sa force visuelle, mais aussi pour ses résonances avec la communauté asiatique du quartier, qui célèbre chaque année le Nouvel An chinois dans les rues voisines. Par son style, le dragon devient un pont entre cultures, un symbole universel.
Sur son corps s’enroulent deux poissons – une perche d’un côté, une carpe de l’autre –, espèces emblématiques du Rhône qui borde le quartier. Dans la légende, la Mâchecroute sommeille sous le fleuve ; ici, ce lien aquatique prend vie, se mêlant aux écailles du dragon comme une extension naturelle. Par-dessus ces poissons, une autre figure surgit : la centaurée de Lyon, une fleur rare et endémique, aujourd’hui menacée. Elle rappelle l’importance de la biodiversité locale, souvent méconnue en milieu urbain.
Autour de ces figures centrales s’envolent des livres, métaphores du savoir, de l’imaginaire et du rôle fondamental de la bibliothèque. Aux extrémités de la fresque, des calligraphies issues de la culture graffiti – en bubble style ou en flops – viennent injecter des touches de modernité, de spontanéité et de couleur. Ces formes abstraites, illisibles par choix, évoquent une énergie brute, une voix urbaine.
Cette œuvre est le fruit d’un travail de concertation : des rencontres avec les habitant·es, les usager·es de la bibliothèque, les acteurs culturels et sociaux du quartier. Ensemble, ils ont choisi ce thème : celui d’une légende revisitée, incarnée dans un langage contemporain, accessible, et haut en couleur.
La Mâchecroute n’est plus un monstre oublié. Elle devient symbole. Gardienne de la diversité culturelle, protectrice d’un patrimoine naturel en mutation. Une créature en mutation permanente, qui, à travers cette fresque, invite à reconsidérer le lien entre territoire, mémoire et imaginaire.
Une légende revisitée, pour un quartier qui regarde loin, tout en gardant les pieds bien ancrés dans ses racines.

